Depuis 1962 pour l'autonomie, vers l'insertion.

L’A.F.T.A.M., « association pour la formation des travailleurs africains et malgaches », naît dans le sillage de la décolonisation. Ses fondateurs, avec Stéphane Hessel, leur premier Président, veulent aider les ressortissants des anciennes colonies devenues indépendantes à acquérir par la formation une qualification utile au développement de leur pays lors de leur retour au village d’origine. Mais, très vite, l’hébergement et l’accompagnement social des Africains devenus étrangers en France et résidant souvent dans des conditions insalubres, va devenir une priorité : «il faut inventer un type d’hébergement collectif qui sauvegarde les traditions villageoises, et donner la possibilité aux travailleurs immigrés de vivre simplement mais dignement pour pouvoir soutenir financièrement leurs compatriotes restés au pays».
L’A.F.T.A.M. se met alors en quête de vastes locaux, d’usines désaffectées pour les transformer en foyers dortoirs. En 1968, elle gère déjà 9 foyers et plus de 2 000 lits. Son service emploi permet à 1 800 Africains de trouver un emploi. Parallèlement, le service social organise des actions de prévention sanitaire et fait bénéficier de soins à plus de 1 000 personnes. Enfin le service enseignement suit 1 200 stagiaires en formation. La « machine Aftam » est lancée avec les principales composantes de son activité future.

Date de l’arrêt officiel de l’immigration. Quand son Président, André Postel-Vinay, Directeur de la population et des migrations, devient Ministre chargé des travailleurs immigrés, l’Aftam gère plus de 30 foyers et 8 000 lits ; son département formation assure alors plus de 200 000 heures stagiaires par an (une heure stagiaire correspondant à une heure de formation pour un stagiaire).
Avec la chute de Phnom Penh et de Saïgon, et 2 ans après l’arrivée des réfugiés latino-américains du Brésil et du Chili, la France accueille les réfugiés du Sud-Est Asiatique de l’ancienne Indochine. L’Aftam répond à l’appel du gouvernement et ouvre ses premières unités d’accueil pour réfugiés reconnus sous protection internationale. Aujourd’hui, l’Aftam gère 27 Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (« C.A.D.A. ») et 5 Centres pour réfugiés politiques (« C.P.H. »), de tous pays et de toutes origines, mettant en oeuvre une réponse à ceux qui, persécutés, «ont droit d’asile sur le territoire de la République ».
Tout en maintenant son activité d’hébergement de migrants, l’Aftam s’ouvre aussi à l’accueil des populations marginalisées, exclues du marché de l’emploi, sans ressources ou sans logement. Elle ouvre des Centres d’hébergement et de réadaptation sociale («C.H.R.S.») ; mais surtout, par la formation, elle touche les publics de bas niveau de qualification et passe de 700 000 heures stagiaires à 1 600 000 heures par an. Plus de 100 formateurs aident les personnes démunies à réintégrer la vie active.
Cette activité sociale va encore se développer et se diversifier, en s’appuyant sur les partenaires associatifs locaux et les collectivités territoriales, surtout dans les autres régions, hors Ile-de-France, où l’Aftam est implantée.

Avec plus de 850 salariés, ses 85 établissements et services implantés dans 20 départements, l’Aftam garde l’esprit de service public qu’elle a eu dès l’origine. En veillant à l’équilibre économique de ses activités, elle affirme ainsi sa rigueur de gestionnaire, soucieuse de la bonne utilisation des fonds publics. Elle tient sa force et sa vitalité de son indépendance associative qu’elle veut garder comme garante de son développement au service des plus démunis et des exclus.
L’année 2000 voit la mise en place de la nouvelle organisation interne, qui repose sur l’intégration de l’ensemble des activités au sein de la filière exploitation. Le projet d’entreprise associative (« PEA ») est également lancé cette année.
L’Aftam compte près de 1 800 salariés et plus de 160 sites. Son secteur médico-social s’est enrichi récemment de deux nouvelles entités : un accueil de jour pour personnes atteints de troubles de type Alzheimer (à Aulnay-sous-Bois) et un foyer d'accueil médicalisé pour adultes sourdaveugles.
Son pôle hébergement a pour sa part crû de plusieurs sites, à Paris notamment.
Nous distinguons maintenant quatre pôles d'activité parmi nos prestations : habitat social adapté, hébergement social, action médico-sociale et promotion sociale.
Les perspectives de l'Aftam évoluent : en 2000, notre projet d'entreprise associative recensait nos grandes orientations. En 2003, nous l'avons évalué. En 2007, nous l'avons rénové.